Photo de Doris LE
Aïssatou Angela Baldé est née en 1980 dans la région parisienne d'un père Peul de Guinée-Bissau et d'une mère franco-vietnamienne. Elle perd son père très jeune et observe les conséquences sur sa famille. A 20 ans, elle entreprend un voyage au Sénégal sur les traces de ses ancêtres, de retour de ce voyage, elle décide d'exprimer à travers la photographies, ses questionnements sur les identités multiples.
Photographe autodidacte, avec son premier appareil photo, elle déambule et capte en noir et blanc les ambiances nocturnes des rues de Paris. Elle s'y perd des nuits entières et apprend.
Elle développe rapidement une réflexion sur l'identité, le souvenir et la reconstruction. Elle s'oriente vers l'art militant, social et concerné.
Son travail sur ces questionnements se tisse dans son projet Vibrations Identitaires conçu comme une série en 4 chapitres, c'est un "Work in Progress, un échange, des rencontres d'ici et d'ailleurs, un voyage, une quête de soi et des autres, une déclaration d'amour à l'art, à l'errance, aux villes qu'elle a traversées, à son père.
C'est en parcourant le globe, en visitant l'espace urbain, en favorisant la rencontre avec l'esprit de notre époque, qu'Aïssatou Angela Baldé élabore minutieusement l'ébauche d'une réponse qu'elle suspend volontairement entre les concepts de « présence » et « d'absence » .
Ces deux concepts sont ceux qui d'après elle bornent les limites de cette question, toujours délicate. Ainsi, elle veille soigneusement à ce que les sujets qui figurent sur ses clichés intègrent un contexte sans jamais vampiriser l'attention. Elle use de ce procédé pour, dit elle, nous rappeler que lorsqu'on évoque la notion d'identité, on évoque une notion fondamentalement dynamique, et non une donne marquée par la fatalité.
Dans son travail, le rapport texte - image est fondamental :"évoquer ses idées et ses sentiments, prendre le temps de dire, d'analyser et de comprendre."
Elle ne cherche jamais à prendre la «photo choc», mais plutôt à prendre l'évidence avec poésie et pudeur, à suspendre le cours ordinaire de la vie pour nous inviter à regarder, écouter, partager nos sensations.
Que ce soit dans ses travaux personnels ou de commande, elle s'attache toujours à évoquer avec délicatesse, l'intime, le doute, sa passion pour les gens. Son travail photographique s'adapte et s'ouvre aux fils de ses rencontres pour faire de son art un langage universel, un outil de compréhension du monde.